Les phénomènes paranormaux et les théories quantiques Le développement de la radio à la fin du XIXe siècle amena, dès cette époque, les parapsychologues à penser que certaines ondes électromagnétiques émises par le cerveau pouvaient être le canal d’un transfert d’informations entre un inconscient et un autre inconscient. En 1952, intervenant comme théoricien de ces phénomènes psi, Carl Gustav Jung proposa, avec le physicien W. Pauli, qui eut le prix Nobel en 1945, une explication dite de la synchronicité. Les entorses au déterminisme que supposent de tels phénomènes seraient compatibles avec l’idée qui est admise par la mécanique quantique et selon laquelle «la causalité n’est pas une vérité axiomatique mais statistique». Les phénomènes exceptionnels sortant du cadre déterministe classique seraient l’expression d’un ordre caché de l’univers; or l’inconscient, selon Jung, serait aussi une émanation de cet ordre caché. Dès lors, un sujet pourrait faire preuve de clairvoyance, par exemple, dans le cas où se manifesterait dans son inconscient un phénomène qui appartient à l’ordre caché de l’univers et qui, au même moment mais ailleurs, se manifesterait sous sa forme d’événement physique acausal. Un rapprochement s’opéra entre la mécanique quantique et la parapsychologie qui a donné lieu, en 1974, à un colloque de la Parapsychology Foundation à Genève puis à un autre colloque à Cordoue, en 1979. À la même époque et dans le même esprit, fut créé à San Francisco le Physics and Consciousness Research Group, animé par le physicien Jack Sarfatti. Les théories «paraphysiques», qui ont été avancées par ce courant de recherches, considèrent que l’interprétation dite de Copenhague du principe d’incertitude de Heisenberg, selon laquelle l’observateur perturbe nécessairement le phénomène qu’il mesure, est à prendre dans son sens le plus profond: l’observateur «fait corps» en quelque sorte avec le système mesuré. Se fondant sur une démonstration de J. S. Bell, Jack Sarfatti estime que la seule manière de réconcilier la mécanique quantique avec le déterminisme classique est de postuler l’existence de variables cachées non locales. Tout système physique particulier serait en relation avec tout le reste de l’Univers. Et cette cohésion universelle cachée ferait, selon Sarfatti, qu’un changement quantique dans un système donné peut parfaitement entraîner un changement quantique dans un autre système qui, du point de vue du déterminisme classique, ne serait pas relié au premier. Ainsi, les phénomènes de psychokinésie seraient le résultat d’un transfert de kquanta entre le système conscient que constitue un sujet psi et le système que représente l’objet mobilisé psychiquement. Les kquanta sont censés être des entités quantiques sans masse et sans énergie, qui voyagent hors de l’espace et du temps, plus vite que la lumière, conformément à ce que suppose l’une des deux solutions du paradoxe théorique qu’Einstein avait inventé avec Rosen et Podolsky pour montrer l’incohérence de la mécanique quantique (Einstein pensait que les deux solutions de ce paradoxe étaient aussi inacceptables l’une que l’autre). Le chaos et l'harmonie de Trinh Xuan Thuan Extraits du livre édité aux éditions Fayard 1998. p271 ......... la mécanique quantique, la physique quantique qui décrit l'infiniment petit et qui a le don de permettre l'existence de phénomènes les plus invraisemblanles. p277 Nous interagissons avec l'Univers par le jeu de la lumière et de la matière. Faits de protons et d'électrons, nous sommes des êtres électromagnétique qui communiquent avec le monde extérieur par des ondes électromagnétiques. p395. L'esprit émerge de la complexité du cerveau Le cerveau est le système le plus complexe que la nature ait produit. Nous devons nous attendre à ce que des phénomènes émergents se manifestent à un niveau supérieur, avec des propriétés différentes de celle de processus neuronaux (comme les flots des électrons dans les neurones qui sont un phénomène de niveau inférieur). Ces phénomènes émergents peuvent être identifiés à ce que nous appelons "l'esprit". la conscience "émerge" de l'activité neuronale du cerveau mais à un niveau plus élevé. Une fois générés, les états mentaux suivent leurs propres lois causales qui sont différentes et ne peuvent être déduites de celles qui régissent le fonctionnement des neurones au niveau inférieur. Les états mentaux émergents peuvent réagir à leur tour sur les neurones qui les ont produits grâce à leur comportement holistique et collectif. p 395 La société de l'esprit de Marvin Minsky, InterEditions, Paris,1998 Extrait cité dans Le Chaos et l'Harmonie Ecoutons l'Américain Marvin Minsky qui travaille sur l'intelligence artificielle : " Les atomes dans le cerveau sont gouvernés par les mêmes lois qui gouvernent les autres formes de matière. Mais pouvons-nous expliquer le fonctionnement de notre cerveau à partir de ces lois? La réponse est non. Même si nous comprenons comment chacune des milliards de cellules de notre cerveau fonctionne séparément, cela nous ne dira pas comment le cerveau fonctionne comme entité. Les " lois de la pensée" dépendent non seulement des cellules individuelles du cerveau, mais aussi de la façon dont elles sont connectées" p 396 Ainsi, la psychologie ne peut se réduire à la physique età la chimie. C'est en essayant de copier les méthodes de ces sciences dites "objectives" (bien que, nous l'avons vu, la mécanique quantique ait bien entamé cette objectivité en accordant un rôle primordial à l'observateur dans la création de la réalité) que les béhavioristes sont parvenus à leur conception aussi déterministe et réductrice. Mais cela ne veut pas dire non plus que la psychologie doive rejeter les lois de la physique et de la chimie. Celles-ci opèrent à un autre niveau. La psychologie requiert des principes supplémentaires qui agissent à un niveau supérieur d'organisation. Nous pouvons reprendre ici à nouveau l'exemple d'un ordinateur qui joue aux échecs : le programme donne à l'ordinateur les instructions nécessaires pour déplacer les pions ; mais en aucun cas les règles du jeu d'échecs programmées dans l'ordinateur n'entreront en conflit avec les lois physiques qui règlent la marche des circuits électroniques dans l'ordinateur.
p397 Tant que nous ne comprendrons pas mieux comment notre cerveau opère, nous ne saurons pas construire des ordinateurs capables de rivaliser avec l'esprit humain, encore moins de le dépasser. Cette compréhension du cerveau ne se manifestera sans doute pas avant que nous n'ayons mieux compris le rapport entre observateur et réalité en mécanique quantique. Pourquoi un événement ne se réalise-t-il qu'après qu'un observateur l'a enregistré dans son cerveau, qu'après qu'il en est conscient ? Le mathématicien britannique Roger Penrose a émis l'hypothèse que cette compréhension n'adviendrait qu'avec de nouvelles lois physiques allant au-delà de la mécanique quantique. Le paranormal ignoré? Pour la Science N° 232 Février 1997Article de Didier NordonNous raillons volontiers le scientisme borné du XIXème siècle. Hors, selon B. Méheust, notre univers intellectuel est plus fermé que ne l'était celui du scientisme.B. Méheust s'intéresse à l'attitude de l'institution scientifique vis-à-vis des phénomènes dits paranormaux-magnétisme animal, lucidité somnambulique, hypnose... Au XIXème siècle, écrit-il, les savants n'hésitaient pas à y aller voir, même si leur rationnalisme a pu les mener à une brutale intransigeance, ils ont au moins pris la peine d'examiner ces phénomènes dans des revues prestigieuses. Rien de tel aujourd'hui : il n'est pas de plus puissant tabou, dans le domaine de la connaissance que l'interdit sur la métapsychique."Pour faire court, l'intelligentsia a pardonné plus facilement à Heidegger d'avoir été nazi, qu'à Bergson qui porta l'étoile jaune, d'avoir été (en 1913) président de la Society for Psychical Research ". Aucun savant reconnu, aucune institution, n'accepte plus de débattre de l'étrange. Aussi assiste-t-on "à la prolifération incontrôlée d'une littérature bas de gamme constituée par les débris des recherches du XIXème siècle, eux-mêmes recombinés à une foule d'influence hétéroclites - fatras qui n'a plus grand chose à voir avec la haute tenue des publications magnéto-hypnotiques de cette période." Selon B. Méheust, le problème de la réalité des phénomènes paranormaux n'a pas été réglé par la négative. Il est en suspens, car ce n'est plus convenable de le poser. Méheust ne nie pas que les recherches sur le paranormal soient difficiles, qu'elles puissent être une poursuite de chimères, qu'elles constituent un défi pour la rationalité. mais ces difficultés ne devraient-elles pas être une raison de plus pour oser affronter le problème?(Bertrand Méheust, Epistémologiquement correct, Alliage, n°28) Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? (Leibnitz) Extrait du site http://decouverte.univers.free.fr/quantique.htm …..Toutefois, ces brumes, autrefois impénétrables, se laissent maintenant transpercer par les nouveaux yeux de la science, et certains chercheurs imaginent qu’il n’est peut-être pas impossible d’entrevoir un jour l’alpha de l’univers. Pour commencer, ils se sont reposés, avec rigueur, la fameuse question de Leibniz " pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? " , en se demandant en quoi consiste exactement ce quelque chose qui existe. C’est alors qu’ils se sont rendu compte avec stupeur qu’en réalité... ce quelque chose est rien ! C’est-à-dire que l’univers a une énergie nulle. Ce résultat semble paradoxal ; il traduit pourtant qu’il existe un équilibre exact entre l’énergie - positive - correspondant à toute la masse de l’univers (mc2) - et l’énergie gravitationnelle - négative - de cette même masse. " Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? " La réponse est peut-être la plus simple qui soit, mais la plus surprenante aussi : il y a quelque chose... parce qu’il n’y a rien ! Et il n’y a pas lieu de s’étonner de l’existence de rien ! " Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? " Mais… tout simplement parce qu’il n’y a rien, vraiment rien, et qu’aucune loi physique n’interdit à rien de naître et d’exister pour l’éternité ! Les relations d’incertitude d’Heisenberg nous disent que si l’univers n’est rien, alors il peut naître d’une fluctuation du vide, sans violer aucune loi physique, et exister aussi longtemps que l’on veut. Nous existons parce que nous sommes rien, un rien né en fanfare du néant le jour du big bang, en un fulgurant hoquet cosmique ! Selon la formule du physicien Alan Guth, " Les progrès les plus récents des théories cosmologiques suggèrent qu’il y a longtemps, soudain, on a rasé gratis." Nous existons parce que nous sommes rien, un rien né en fanfare du vide quantique, le jour du big bang, en un fulgurant hoquet cosmique ! Nous sommes enfants du vide quantique, c’est notre aïeul à tous ; la longue galerie de nos ancêtres que nous évoquions au début de ce livre s’arrête ici, avec cet énigmatique ancêtre.Il existe d’autres théories ; celle-ci m’a semblé la plus surprenante, et la plus simple pourtant. Elle est critiquée, c’est le jeu naturel de la recherche, et nous sommes ici à la pointe de la recherche. Les réflexions en ce domaine comportent encore une bonne part d’imagination, faisant appel à des phénomènes qui paraissent impossibles dans la vie courante ; ce qui n’est pas un problème : on a soutenu que le cosmologiste moyen est capable d’imaginer au moins trois phénomènes impossibles chaque matin avant le petit déjeuner. En réalité, les phénomènes impossibles n'ont jamais fait reculer qui que ce soit, cosmologiste ou simple quidam ; faire appel à une étonnante fluctuation quantique n'est pas plus exotique en effet que de faire appel à des dieux n'ayant aucune cause, et objectivement indétectables.
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